dimanche 3 décembre 2006

AFP : le congrès des Verts vote difficilement la synthèse et ovationne Voynet

dimanche 3 décembre 2006
Le congrès des Verts est parvenu dimanche à voter péniblement une motion de synthèse, dans une ambiance parfois délétère, avant de s'achever sur une note d'union avec une ovation à Dominique Voynet, sa candidate à la présidentielle.

Après s'être déchirés durant deux jours, les Verts ont fait la paix lorsque Dominique Voynet, rejointe sur l'estrade, en fin de réunion, par des leaders de toutes les motions et particulièrement par son challenger à l'investiture présidentielle Yves Cochet, a reçu une gigantesque ovation. Auparavant, dans son discours de clôture, Dominique Voynet, avait plaidé en faveur "d'une révolution écologique" et non "de simples promesses la main sur le coeur". "Ces promesses, il y en aura plus qu'il n'en faut", a-t-elle dit en brocardant ses adversaires dans la course élyséenne "touchés par la grâce écologique".

Refusant "l'écologie light", elle a affirmé qu'"on ne s'en sortira pas sans de profondes transformations des politiques publiques, sans une profonde évolution de tous les comportements". "On ne sauvera pas la planète en se contentant de fermer le robinet après s'être brossé les dents, ni en signant d'un clic le pacte écologique", a lancé, dans une allusion à Nicolas Hulot, Mme Voynet, candidate des Verts et "fière" de l'être.

Mais durant deux jours, les Verts se sont déchirés parfois rudement pour faire la synthèse. Finalement, sur les huit motions en lice après le vote des adhérents, le 12 novembre, trois se sont unies pour gérer le parti, repoussant les offres d'union de la motion d'Yves Cochet, arrivée pourtant troisième le mois dernier.

La motion de synthèse, intitulée "le troisième temps de l'écologie politique" (le temps de la mise en oeuvre des solutions écologiques), a été votée par 54,75% des délégués, légèrement moins que le score donné par les adhérents aux trois motions séparées (56,55%). Selon ses responsables, elle devrait cependant réussir dans deux semaines à obtenir la majorité requise de 60% au conseil national (parlement du parti) qui choisira la nouvelle direction. Cécile Duflot, qui devrait être la prochaine secrétaire nationale, s'est félicitée de ce "compromis intéressant". Le texte de synthèse défend notamment une écologie "globale et radicale" et un accord "exigeant" entre la gauche et les écologistes, aussi bien sur le plan électoral qu'en matière de programme. Yann Wehrling, secrétaire national sortant, a déploré qu'Yves Cochet, parangon de la défense de l'environnement, n'ait pas "toute sa place dans la majorité". Le député de Paris, considérant que les Verts "traversent une mauvaise passe", a assuré qu'il ferait campagne pour Dominique Voynet, contre laquelle il avait perdu l'investiture à quelques dizaines de voix près.

Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, a justifié la synthèse par le souci de créer un "bloc central" en incluant une motion classée plutôt à gauche, que refusait les Cochetistes. Yves Contassot, également adjoint au maire de Paris, a craint en revanche une "paralysie" du parti, avec des "querelles entre chefs". "C'est un syndicat de copropriétaires qui essaie de se répartir les biens sans avoir de projet collectif", a-t-il expliqué. Plusieurs responsables d'autres partis de gauche se sont rendus au Congrès, dont Bruno Le Roux, secrétaire national du PS, qui a souhaité que Verts et PS parviennent rapidement à un accord électoral et s'entendent sur un programme.

 

Posté par audaces à 13:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires sur AFP : le congrès des Verts vote difficilement la synthèse et ovationne Voynet

Nouveau commentaire