dimanche 3 décembre 2006

AFP : Dominique Voynet ragaillardie après le Congrès des Verts

Lundi 4 décembre 2006

La candidate des Verts à la présidentielle, Dominique Voynet, est sortie plutôt ragaillardie du congrès de sa formation, le week-end dernier, escomptant le soutien actif des militants du parti où les divisions restent cependant fortes. Son discours programme a été longuement applaudi par les quelque 540 militants réunis à Bordeaux. Elle a rassemblé sur l'estrade tous les chefs de tendance, à commencer par Yves Cochet, son ami de longue date et adversaire pour l'investiture, grand perdant du congrès où il a été exclu de la synthèse finale au profit d'une motion plus à gauche qui ne voulait pas de lui. Yann Wehrling, le secrétaire national sortant, qui pourrait ne pas être reconduit à ce poste lors du choix de la direction, les 16 et 17 décembre, était également à ses côtés. Tous ont obtenu une très longue ovation des participants au congrès, debout.

Mme Voynet a essayé aussi, à plusieurs reprises pendant le congrès, d'écarter la menace Nicolas Hulot qui assombrit sa campagne et de remettre son parti au premier rang pour la défense des grands sujets écologiques, bien loin de l'"écologie light" défendue aussi bien par les grands partis "touchés par la grâce" que par l'animateur d'émissions télévisées.

"Elle est sortie renforcée", assurait lundi Michel Bock, un de ses proches, membre de la direction, en notant qu'elle a rassemblé derrière elle très au-delà de la majorité (54,75%) issue du vote. "Personne n'est d'ailleurs monté à la tribune pour dire qu'il ne la soutenait pas". Pour créer l'union autour d'elle, elle a cependant dû batailler ferme. Elle a bousculé d'abord les Verts, leur dessinant l'image qu'ils projettent d'un parti "dévasté". "Arrêtez les enfantillages, soyez responsables!", a-t-elle lancé. Au final, elle a félicité "ces milliers de militants qui mobilisent chaque jour leur temps et leurs espoirs pour faire bouger les choses", et salué les élus "qui combattent pied à pied pour améliorer la législation ou inventer des politiques publiques innovantes". Elle en a profité pour donner un coup d'accélérateur à sa campagne et annoncer son premier "grand meeting" le 26 janvier à Nantes, où, a-t-elle dit, elle présentera le "contrat écologique" qu'elle proposera aux Français. Au terme de ce congrès difficile, la belle image de l'unité ne gommait cependant pas les zones d'ombre. Contrairement à ce que souhaitait Mme Voynet, la synthèse n'a pas été réalisée avec "tout le monde". Loin de là, puisqu'elle laisse plus de 45% du parti dans la minorité. "Elle a une majorité, comme elle voulait, mais elle est faible et il s'agit maintenant de l'élargir pour impliquer tout le parti dans une démarche de campagne", notait lundi Yann Wehrling. Par ailleurs, pour certains Verts, y compris des membres de courants devenus majoritaires, le congrès restera comme un tissu de querelles de personnes et d'intrigues. L'un d'eux regrettait ainsi "les exclusives" et les "attitudes haineuses". Un conseiller régional d'Ile-de-France pro-Cochet, Lucien Ferrier, ne cachait pas lundi son amertume. Il estimait, dans un communiqué, que "ce n'est pas en excluant son principal rival Yves Cochet (...) que Dominique Voynet réussira à (...) dynamiser sa piètre campagne des présidentielles", assurant qu'il ne lui donnerait pas son parrainage.

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